• Nana

    17.04.13

         Je vais vous raconter notre histoire, celle de ma sœur et moi. Nous étions le 1er Janvier 2007, ma grande sœur, Nana annonçait à toute la famille qu'elle était enceinte. J'avais les larmes aux yeux, et je la pris dans mes bras pour la féliciter. Mais... Quelques mois plus tard, ma sœur a fait une fausse couche. Son petit ami l'a quitté puisque pour lui c'était trop dur. Ma sœur elle, resta seule. Je suis venue combler les moments où elle était seule pendant 2 ans. Mais une fois, alors que je voulais l'emmener aux magasins elle m'a dit :

    - Attends ! Je ne peux pas laisser Habby toute seule !

    - Ha... Habby ? Mais qui est Habby ?

    - Tu oublies ta nièce ? Habby est ma fille, tu ne te souviens pas le 1er Janvier je t'ai annoncé que j'étais enceinte ! D'ailleurs elle a eu 2 ans il y a peu de temps.

    - Mais... Mais qu'est ce que tu racontes Nana ? Il n'y a pas de Habby !

    - Tu contredis l'existence de ma fille ? Pour qui tu te prends ?! Elle me mit une gifle, je leva les yeux et compris que ma sœur avait un problème.

    - Nana... Rentrons s'il te plaît, il faut que je te parle...

    Je l'ai fait rentrer, je l'ai assis sur la chaise et je lui ai expliqué qu'elle n'avait jamais eu d'enfant, qu'elle l'avait perdu. Elle ne m'a pas cru et s'est enfermée dans la chambre. Je suis partie en restant tout de même choquée. Après une longue discussion avec mes parents, nous avions compris que ça avait été un choc pour elle, et qu'on ne pouvait plus la résonner. Alors on l'a mis dans un hôpital psychiatrique. La première fois que je suis allée la voir, elle m'a supplié d'aller sauver sa fille, elle était entre de mauvaises mains d'après elle, elle l'entendait crier.

    Puis, on m'a demandé de partir, je suis allée dans l’appartement de ma sœur pour ranger ses affaires, et je découvris une pièce cachée. Elle ressemblait à une chambre de petite-fille, un fond rose avec des décorations de nuages et de personnages, et au centre de la pièce, un berceau avec une peluche. J'ai fondu en larmes, ma sœur le voulait vraiment cette petite fille.

    Un mois plus tard, je suis retournée la voir. Je ne reconnaissais plus ma sœur, j'ignore pourquoi mais elle semblait ne pas m'entendre. J'ai beau lui parler, elle regardait derrière moi une chaise vide. Voyait-elle sa fille ? Je l'ignore. Elle était si calme, et continuait à regarder dans le vide. Me voyait-elle ? Et au moment où je m'y attendais le moins, elle se mis à renverser la table, à crier et à se débattre dans tous les sens. Je me suis éloignée au fond du mur, elle me faisait peur. Le personnel est venu la retenir et je suis partie.

    Deux ans plus tard je suis revenue la voir, elle avait changé. Sa peau était si pâle, mais elle regardait toujours dans le vide, et cette fois elle serrait fort son oreiller, très fort. Après de longues minutes sans un mot, je décidai de faire le premier pas : - Nana, tu sais en deux ans, beaucoup de choses ont changé. Et je tenais à te dire que tu as une nièce, elle s'appelle Zoé. J'ai amené l'album photo. Alors que je lui montrai les photos, elle ne regardait pas, elle avait toujours ce regard dans le vide. J'avais l'impression d'être invisible.

    - Eum... Nana, ce n'est pas grave. Tu sais, papa et maman s'inquiètent beaucoup pour toi. Maman ne peut pas revenir ici tu le sais bien... Et papa a quelques soucis et est obligé de rester à la maison. Je suis désolée pour l'année dernière, je n'ai pas pu venir pour tes 28 ans. Mais ne t'inquiètes pas cette année je serai toujours là pour toi !

    Encore une fois je parlais dans le vide, cette fois je n'en pouvais plus, j'avais décidé de lâcher ma colère.

    - Mais bon sang tu vas répondre oui ?! Tu sais les efforts que je fais pour venir ici ?! Tout ça pour que toi tu m'ignores ! Tu as oublié mon existence ?! C'est quoi qu'ils te donnent ici pour avoir perdu toute ta joie ?! Elle n'avait toujours pas réagit, elle restait sans bouger comme une image mais je vis une larme coulée le long de sa joue, je la serrai fort dans mes bras. Et j'entendis sa douce voix me prononcer un mot, un seul :

    - Merci... Ce seul mot me donna le sourire, depuis, chaque semaine je venais à l'hôpital au moins une heure pour lui raconter ma vie. Elle m'écoutait, elle ne rigolait pas, mais je voyais son petit sourire qui me disait "Merci". Cela me suffisait pour être heureuse...


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