• Ravages

    18.11.17

    Ravages     Pièce étroite et modeste, un matelas au sol, une petite lampe de chevet récupéré dans une brocante et deux livres près de cette dernière. C'est dans cet endroit là que je restais la majorité du temps. J'ai commencé à développer une certaine folie dû à un amour douloureux.

    Je n'ai pas de nouvelles de celui que j'aime, parfois, pour ne plus avoir mal, pendant quelques instants j'imaginais que la main qu'il tenait, c'était la mienne, que la femme qu'il prenait dans ses bras, c'était moi. A force, je pensais qu'il m'appartenait, qu'il était à moi. 

    Mais là, durant ces deux jours, je suis passée par les émotions les plus dures à vivre. J'étais en colère, déprimée, imprévisible et malade. J'ai tenté de deviner ce qu'il faisait, j'ai compris qu'il était avec une autre femme et qu'il lui offrait peut être ce qu'il n'a jamais été capable de m'offrir. Je suis partie dans une colère démesurée, j'ai arraché le papier peint, j'ai cassé l'ampoule entre mes doigts qui m'a laissé quelques bouts de verre dans la main et du sang sur le vieux parquet. 

    Je me suis rendue compte que je n'étais rien à ses yeux, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je me suis tirée, arrachée les cheveux, je n'y voyais plus clair. Était-ce à cause des larmes que j'avais versé et du fait que mes yeux étaient rouges et bouffis ? Ou bien était-ce la démence dans laquelle je m'étais enfermée ?

    J'ai griffé ma peau, un peu, puis beaucoup jusqu'à me l'arracher progressivement. Mon corps ne servait plus à rien, je voulais que la douleur physique m'empêche de souffrir mentalement. J'ai avalé de nombreux médicaments et j'ai perdu conscience.

    J'ai survécu, et quelques mois plus tard j'étais dans un hôpital psychiatrique, à hurler encore que je les tuerais, celui que j'aimais et celle qui m'avait remplacé. Malgré que j'étais attachée au lit pour ne pas me défouler sur les autres patients, malgré que je n'avalais plus rien d'autre que des cachets, je voulais me venger et leur faire payer la peine qu'ils m'ont causé.


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