• /!\ ce texte peut choquer les plus jeunes

        Lilia sentit ses joues rougir lorsque Benjamin lui toucha délicatement les cheveux. Elle n'arrivait ni à bouger, ni à le regarder. Assise dans la chambre de ce jeune homme, elle ne pu s'empêcher de se remémorer le jour où elle l'a rencontré. Elle avait 16 ans, elle était vêtue d'un jean beaucoup trop large et troué, d'une chemise à carreaux et de basket, comme souvent, elle laissait ses longs cheveux bruns lâchés. Lilia se préoccupait peu de son apparence, pas une trace de maquillage, ce qui aurait gâché son charme naturel. C'est quelques jours après la rentrée qu'elle avait rencontré Benjamin. Sous ses airs un peu rebelles se cachaient un écrivain talentueux, il avait de longs cheveux blonds qui lui arrivaient au niveau du torse et un style vestimentaire négligé également.

    Lilia était surprise de voir à quel point il s'était bien intégré à la classe, il avait réussi à plaire à tous les élèves, que ce soit Julia la fille qui avait la réputation d'enchaîner les conquêtes ou Théo, le premier de la classe un peu isolé dans ses bouquins. Elle se demandait comment il avait développé cette capacité de s'adapter à tous le monde alors qu'elle se contentait d'agir comme elle en avait envie, que cela plaise ou non.

    Au fil du temps Lilia et Benjamin se sont rapprochés, à fumer des joints entre les heures de cours, à sortir dans les bars les plus originaux de la ville et à se balader dans les ruines des vieux bâtiments autrefois chaleureux. Ils étaient évident qu'ils étaient différents mais une complicité était née malgré tout. En un an, ils étaient devenus des amis inséparables. Mais un matin ensoleillé, lorsque Lilia alla se balader, elle vit Benjamin embrasser Julia. Elle aurait pu aller prendre des nouvelles mais Lilia sentit une émotion désagréable et étrangère qu'elle n'est pas parvenue à identifier sur le moment. Elle sentit son cœur se serrer, sa respiration s'accélérer, les larmes coulées. C'est lorsque qu'elle vit Benjamin le lendemain qu'elle comprit ce qu'était cette émotion, la jalousie. Lorsque la réalité la frappa, la vue de Benjamin lui provoqua toute sortes de sensations. Ses joues étaient en feu, son cœur battait la chamade et elle sentit une chaleur réconfortante en elle. Son regard s'adoucit et elle ne pu s'empêcher d'afficher un sourire naïf.

    - Tout va bien ? lui demanda Benjamin.

    Lilia revint à la réalité et bégaya légèrement :

    - Oui, je t'ai vu avec Julia hier, vous sortez ensembles ?

    - Non, c'était juste pour s'amuser, tu n'as pas à t'inquiéter.

    Elle n'a pu comprendre sur le moment pourquoi il lui demandait de ne pas s'inquiéter, avait-il compris ce qu'elle éprouvait depuis le début avant qu'elle même ne puisse s'en rendre compte ? 

    - On va chez moi ? Proposa Benjamin.

    - Oui pourquoi pas.

    Benjamin et Lilia fumèrent quelques cigarettes en jouant aux jeux vidéos, les rires éclatèrent et Lilia avait perdu la partie. C'est là que Benjamin lui mit à lui caresser les cheveux et qu'elle fut figée. Les gestes imprévisibles du jeune homme la troublait et elle se sentit rougir de plus en plus lorsqu'il l'embrassa et l'allongea sur le lit. Lilia sentit le stress monté. Benjamin la rassura. Lilia se laissa donc faire sous les baisers qu'elle reçut dans son cou, elle mordilla ses lèvres pour retenir son excitation. Elle sentit les mains de Benjamin se balader avec tendresse sur tout son corps.

    Lilia fit tomber Benjamin sur le côté et se mit sur lui. Elle se déshabilla et le fixa, confiante, oubliant sa timidité habituelle. Benjamin sourit et prit sa confiance comme une acceptation de sa part à aller plus loin. Ils continuèrent de s'embrasser en sentant la chaleur de l'autre. Lilia glissa sa main sous le jean de Benjamin et commença à faire des mouvements de haut en bas, le sourire de Benjamin la rassura et la poussa à continuer sur sa lancée. Elle l'embrassa pour descendre délicatement le long de son torse jusqu'à son bas-ventre, elle voulait lui faire plaisir et cela la comblait également. Puis Benjamin la toucha ce qui lui donna de nombreux orgasmes intenses. Il la pénétra pour ne former plus qu'un. Le rythme s'accélérait, la respiration était saccadée, la température de leurs corps montait et Lilia lâcha quelques cris de jouissance. Lorsque leur acte fut terminé, Benjamin la prit dans ses bras et Lilia s'endormit avec le sourire aux lèvres.


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  •       Samantha sortit de sa voiture après un long trajet pluvieux et tenta d'arranger sa sale tête. La pauvre idiote avait pleuré pendant des heures, ses yeux étaient bouffis et légèrement rouges. Elle pensait avoir le droit d'être heureuse mais visiblement tout l'univers était contre elle et avait décidé qu'elle ne méritait pas de l'être. Elle prit une cigarette à fumer sur le chemin pour aller voir ses amis. Elle repensait à cet homme qu'elle aimait, cet amour qui l'avait rendu malade et fait revivre à la fois, cette alternance entre le désespoir et le bonheur. Elle sonna à la porte et ses amis lui proposa directement un verre de whisky. A présent, plus rien n'avait d'importance à ses yeux, elle était totalement perdue et incapable de penser. Elle se sentait morte à l'intérieur et tout lui donnait la nausée.

    La jeune femme refusa le verre au final et était déterminée à ne pas laisser les choses se passer ainsi. Elle voulait partir, retrouver cet amour qu'elle avait perdu. L'un de ses amis pleura dans ses bras et ne la laissa partir. Elle était très mal-à-l'aise, elle se sentait plus déprimée que jamais et c'était à elle de réconforter son ami alors qu'elle en était incapable. 

    Une fois partie, elle décida d'écrire une lettre qu'elle donnerait à celui qu'elle aime. Elle y mit tout son cœur sans réfléchir à ce qu'elle disait réellement. Puis elle prit la voiture pour le retrouver, le surprendre, lui montrer à quel point elle tenait à lui. Il ne fut pas tant surpris que ça de la voir mais semblait sortir d'un camp de concentration. La mâchoire creusée, le teint blafard, le regard vide, il n'a pas pu prononcer un seul mot. 

    Trop de choses avaient été dites, trop de souffrances avaient été causées. Il se sentait trahit. Elle savait que bientôt elle le perdrait, qu'elle serait remplacée par cette fille avec qui elle l'a vu en pleine complicité hier soir. Cette fille pulpeuse, confiante et proche de l'idéal. Mais Samantha ne voulait pas que les choses se finissent ainsi. Elle utilisa ses charmes pour le convaincre de la reprendre dans sa vie, elle était prête à faire n'importe quoi pour retrouver leur relation d'avant, même si elle est ambiguë et sans espoir. Elle se laissa faire sous son corps imposant et ressentit la passion charnelle qu'ils éprouvaient avant leur dispute. Sur le moment, elle oubliait sa souffrance pour succomber au désir.

    Elle n'aurait jamais mieux que ce genre de relation fragile mais au moins elle était présente dans sa vie. Elle tenta de calmer sa jalousie maladive envers cette fille aux formes généreuses qui l'obsédait. Un jour, Samantha serait exclue de sa vie, jeter comme une vieille chaussette mais en attendant elle profitait des soirées d'insouciance et de plaisir. 


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  • C'est à mon tour de m'aimer

          Je ne tenais plus sur mes jambes, je suis tombée et je me suis effondrée en larmes. Le réveil du lendemain matin était difficile, quelques nausées accompagnées d'un mal-être général, la gueule de bois est violente. Je me lève et vois que personne ne dort à mes côtés, la soirée me revient petit à petit. Je vois la petite figurine qu'il m'a offert, totalement brisée, les souvenirs douloureux remontent à la surface.

    Je m'étais fait plus belle que jamais. J'avais mis cette jolie robe teintée de bordeaux avec une ceinture épaisse qui marquait ma taille, un pendentif en diamant en guise de bijoux, un rouge à lèvre rose claire, un trait d'eye-liner et mes cheveux roux lâchés. Je me sentais confiante.

    Nous sommes allées à la soirée avec mon amie, fumant quelques clopes magiques et enchaînant les verres alcoolisés. Celui que j'aimais ne devait pas tarder à arriver. Il était bien habillé, souriant et accompagné d'une femme aux formes généreuses et aux cheveux colorés. Il l'embrassa, il lui montra toute son affection. Je tentais de retenir mes larmes pour ne pas souffrir.

    La soirée s'est terminée, il devait choisir entre rentrer avec elle, ou avec moi. Il l'a choisi elle j'ai repoussé son geste d'excuse et je suis partie en pleurant, en criant. J'ai senti mon cœur se briser, se réduire en miettes. Parfois il faut se prendre une claque brutale pour se réveiller et arrêter de s'accrocher à un faux espoir.

    Je t'aime, je t'aimerais toujours mais cette fois je choisis de m'aimer avant tout.


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  •       Les mots douloureux suivis de compliments, la violence des coups suivis d'affection. Déchirons-nous et faisons l'amour. Laisse-moi regarder tes yeux si sombres, que tes mains errent sur ton mon corps, sentir tes doux baisers sur ma peau avant de me préparer la brutalité. Tiens-moi les mains, fais-moi crier, abîme-moi encore. Mon corps sera toujours faire face à tes désirs les plus fous. La nuit tombée, je reviens vers toi, je revis comme si c'était le premier jour, comme si tu étais mon premier amant, comme si c'était la première fois quand j'entendais ta voix, comme si c'était la première fois que je retombais sous ton charme. Refais-moi vivre notre passion dramatique une dernière fois.

    Car quand je me retrouve seule, tout ce que je ressens c'est le vide, le manque de ta présence, de toi. J'ai beau me promettre de ne plus te revoir, je reviens toujours vers toi et je sens mon cœur s'effriter à la vue de tes nombreuses conquêtes. Je te sens filer entre mes doigts alors que j'ai tenté d'être ta perfection, celle qui serait indispensable à tes yeux.

    Je vois ton visage s'effacer au fil de temps, ma main tendue pour te montrer que je serais prête à attendre l'éternité pour t'obtenir. Tu me jettes contre le mur, prononce les pires injures qu'une femme puisse entendre avant de m'attirer vers toi. J'oublie tes erreurs et replonge dans l'ivresse.


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    Âgée de 20 ans, Carla Mongomery accepta un verre d’un jeune homme peu séduisant dans le bar miteux où elle avait mis le pied quelques heures plus tôt. Elle était déjà ivre et se demandait comment elle avait pu en arriver là.

    Carla se rémora son adolescence avec un certain dégoût et une grosse déception. Déjà petite, elle avait de véritables difficultés avec les relations sociales. Au collège, il lui était difficile pour elle de s’intégrer parmi des groupes de filles qu’elle détestait et admirait à la fois. Elle les admirait car ces filles avaient tout pour elles, un bon groupe d’amis avec qui rire, elles plaisaient aux garçons et étaient appréciées par les professeurs. Pour une jeune adolescente comme Carla qui manquait terriblement de confiance en elle et qui cherchait à construire son identité, c’était un idéal. Mais elle n’était pas comme elles, les conversations superflues au sujet du beau Jules ou des vêtements à la mode l’ennuyait terriblement.

    Elle était un véritable rat de bibliothèque, geek et passionnée par les films de Tim Burton. L’intégration au sein de ces groupes fut un véritable échec et elle dû subir le harcèlement moral. Un garçon, assez charismatique avait réussi à monter toute la classe contre elle. Elle déglutit en se remémorant ces tristes années de souffrance où elle était régulièrement bousculée dans les couloirs et insultée de tous les noms.

    La famille n’était pas non plus un réconfort pour Carla avec une mère qui voyageait beaucoup, qui était quasiment toujours absente et qui était d’une froideur absurde. Tandis que son père subissait une pression insoutenable à son travail, son patron était autoritaire et très exigeant. Georges Mongomery était souvent au bord du burn-out, à réaliser des heures supplémentaires interminables sur des dossiers qui n’étaient jamais assez satisfaisants pour un perfectionniste comme lui. Alors le soir, quand il rentrait du travail, il prenait une bière dans le frigo et s’installait sur le canapé en regardant n’importe quel programme à la télévision. Il ne fallait surtout pas le déranger, la moindre parole de Carla l’énervait et la jeune fille préférait s’isoler directement dans sa chambre plutôt qu’avoir à faire à sa colère injustifiée.

    Les années sont passées et Carla tomba dans l’engrenage d’une maladie mentale : l’anorexie et la boulimie. Son enfance peu heureuse et sa jeune adolescence catastrophique avaient fini par avoir des conséquences à l’âge de 16 ans. Elle ressentait ce terrible besoin de se remplir, d’ingurgiter tout ce lui tombait sous la main, et de préférence très calorique. Mais le mal-être physique et la culpabilité qui s’en suivit la poussait à s’agenouiller devant ses toilettes et à mettre ses doigts au fond de la gorge pour se faire vomir. Les larmes coulaient le long de ses joues, c’était loin d’être facile ou d’être une partie de plaisir. Dans ces moments-là, elle se voyait comme un monstre de nourriture et de gerbe, un être immonde, gras, laid qui tentait de se vider de tout le mal-être qu’elle avait accumulé.

    Après avoir régurgité tout ce qu’elle pouvait, jusqu’à sentir son estomac totalement vide, Carla montait sur le pèse-personne en n’espérant ne pas avoir pris de poids. Une prise de poids impliquerait une restriction drastique où elle réduirait ses repas de moitié en privilégiant les légumes et les fruits. Évidemment, ses journées étaient rythmées par des heures de travail afin d’avoir les meilleurs résultats scolaires, suivies d’heures de sport, notamment la course à pied où elle courrait jusqu’à ne plus sentir ses jambes, prête à tomber à tout moment.

    Carla était tellement maigre, elle avait perdu une vingtaine de kilos pour descendre à 35 kg où le miroir difforme lui adressait des regards accusateurs et elle entendait des voix qui lui disaient qu’elle devait continuer de maigrir, qu’elle n’était pas assez bien. 

    Lorsqu’elle se rendait au lycée, elle ne regardait personne, sa perte de poids avait énormément joué sur son mental. Elle voulait retrouver confiance en elle, se sentir jolie comme les autres filles et pourtant à présent elle avait honte d’exister. Elle errait dans les couloirs tel un fantôme. Le teint blafard, le visage gonflé à cause des vomissements répétés, le regard sombre mais surtout sa maigreur qui attirait le regard des autres lycéens. Ses clavicules ressortaient de façon terrifiante. Sa cage thoracique était visible à travers son débardeur, son ventre creusé, ses os qu’elle sentait inconfortablement lorsqu’elle s’asseyait sur une chaise en bois, elle ne remplissait même pas son jean. Plus Carla voulait disparaître, plus elle était visible, elle choquait, les autres se retournaient pour chuchoter sur son aspect physique qui sortait tout droit d’un camp de concentration. Elle se sentait très faible et évitait toute interaction.

    Phoebe allait régulièrement la voir, le sourire aux lèvres, prenant de ses nouvelles. Carla savait au fond d’elle que Phoebe s’inquiétait seulement de son état car elle était d’une nature généreuse et altruiste. Un jour, Carla perdit conscience en classe ce qui suscita la curiosité malsaine de ses camarades.

    Carla du être hospitalisée et était contrainte à reprendre du poids pour sa santé. Elle passa deux mois à l’hôpital avant de retourner en cours. Elle avait repris une dizaine de kilos et c’était insurmontable pour elle. Malgré cette dure épreuve, les autres élèves lui parlaient davantage et Phoebe était toujours authentique à elle-même. Carla et elle étaient devenues meilleures amies, Phoebe l’aidait à s’en sortir. Elle rassurait ses inquiétudes, l’encourageait à manger et comprenait lorsque cela était beaucoup trop difficile pour elle.

     Elles se sont inscrites à une salle de sport afin de commencer la musculation, Phoebe pensait que se serait plus simple pour Carla de reprendre du poids si elle devenait plus forte physiquement. En quelques mois, Phoebe avait réalisé un miracle pour Carla. Elle avait repris un peu confiance en elle, riait plus souvent, ne souffrait plus du harcèlement régulier et avait le corps d’une femme forte et gracieuse. Phoebe avait totalement intégré Carla à ses amis, elle ne pouvait que lui être reconnaissante.

    Lors d’une soirée, Carla confia à Phoebe qu’elle n’était jamais sortie avec un garçon, Phoebe en connaissait un rayon à ce sujet-là, enchaînant parfois les histoires sans lendemain et les relations amoureuses précaires.

     - Tu n’as jamais embrassé un garçon ? Lui demanda Phoebe, surprise.

     - Non jamais… répondit Carla embarrassée.

     - Viens, je vais te montrer comment on fait.

     Carla rougit à la spontanéité de Phoebe, gênée par son baiser soudain et par l’effet que celui lui faisait. Ainsi, Phoebe continua à jouer avec Carla de cette façon-là en ignorant les sentiments que cette dernière éprouvait pour elle, elle continua en allant plus loin à chaque fois.

     Elles avaient une relation amoureuse secrète, Carla était folle de Phoebe mais Phoebe n’assumait pas ce qu’elle ressentait vis-à-vis de sa petite protégée. Un matin, au lycée, James, un lycéen fêtard les aborda avec leur groupe d’amis.

     - Je ne savais pas que vous étiez en couple, c’est cool ! Dit James.

     - De quoi tu parles ?! Répondit Phoebe, paniquée.

     - Je vous ai vu hier soir au Wasp Bar, c’était chaud !

     Carla croisa le regard de Phoebe qui était furieuse et très embarrassée. Carla tenta de dédramatiser la situation.

    - Tu sais Phoebe, ce n’est pas très grave si le lycée est au courant.

     - Je t’ai embrassé juste par pitié, tu n’es absolument rien pour moi, alors dégage ! Rétorqua Phoebe.

     Carla sentit les larmes monter et ne pu s’empêcher de fuir à l’extérieur, sentant l’angoisse monter. Phoebe l’avait rejeté alors qu’elles s’étaient embrassées bien plus qu’une seule fois. Elle se souvenait encore ses mains sur son corps, de leurs nuits chaudes où elles se découvraient mutuellement, de leur complicité. Tout cela n’avait aucune importance pour Phoebe alors que Carla avait fait d’elle son pilier, celle qui l’avait sortit de sa dépression. Elle ne pu retenir ses larmes sans voir que quelqu’un se trouvait à côté d’elle.

     - Tu veux une clope ? Dit le mystérieux inconnu.

     - Je ne fume pas…

     - Vu dans l’état dans lequel tu es, ça ne te fera pas de mal, tiens.

     Il lui tendit une cigarette, Carla hésita quelques temps avant de la saisir, elle n’en avait plus grand-chose à faire vu ce qu’il lui arrivait. Elle crapota deux fois avant de reprendre la parole.

     - Comment est-ce que tu t’appelles ? Je ne t’ai jamais vu ici auparavant.

     - Justin, c’est normal je ne suis pas élève, j’attends une pote. Et toi, tu es ?

     - Carla.

     - Enchanté Carla, tu ne m’as pas l’air au top de ta forme, on ne se connaît pas mais si tu as besoin voici mon numéro.

    Carla se sentit rougir après que Justin soit parti. Il était plus âgée qu’elle, il était grand et plutôt carré, les cheveux mi-long et rebelles et des yeux verts teintés de touches de marron. Carla jeta sa cigarette à peine finie pour retourner en classe et tenter d’arranger sa tête. Elle ne voulait pas donner cette satisfaction à Phoebe de savoir qu’elle lui avait fait du mal, à présent elle voyait son vrai visage. Une lycéenne recherchant la reconnaissance d’autrui mais n’assumant pas son homosexualité. Phoebe avait été un tremplin pour elle et malgré leur rupture, elle ne voulait pas perdre celle qu’elle était devenue. Le lycée se terminait dans quelques mois, le supplice de la voir prendrait bientôt fin et Carla prendrait un nouveau départ à la fac.

    Le lycée s’est terminé, Carla était maintenant entrée en fac de psychologie et elle parlait de plus en plus à Justin, il la troublait. Il l’attirait et jamais elle n’avait voulu se rapprocher d’un homme depuis une soirée qui avait mal tournée. Une soirée pour fêter la fin du baccalauréat où un garçon s’était glissé dans son sac de couchage pour profiter d’elle alors qu’elle était ivre et à moitié endormie. Depuis, elle n’arrivait plus à faire confiance à qui que ce soit, sauf à Justin qui possédait un certain charisme et qui savait trouver les bons mots pour l’aider à avancer.

    Justin alternait les emplois précaires et le chômage. Sa philosophie était de jouir de tout ce qu’il pouvait, ainsi il s’accordait beaucoup de libertés. La liberté d’être différent des autres et de l’assumer mais aussi celle de fumer un joint de temps à autre. Carla avait commencé à l’admirer, son intelligence la fascinait, elle pouvait passer des soirées à l’écouter sans l’interrompre. Puis les choses ont changé, Justin lui avait découvrir le plaisir du sexe. Aucun des deux ne cherchait de relation sérieuse, Carla était dégoûtée de l’amour depuis Phoebe et pour Justin cela restait un mystère, à 25 ans il devait sûrement avoir eu de nombreuses relations et jouissait de la liberté du célibat qu’il s’accordait à présent.

     Les soirées ont continué ainsi où ils discutaient autour d’une ou deux bières en testant diverses drogues qui les plongeaient dans un état euphorique. Puis Justin commençait à embrasser tendrement Carla qui relâchait toute la pression pour se plonger dans ses bras, sous son corps imposant où elle recevait quelques baisers sur diverses parties de son corps ainsi que quelques caresses. Les choses s’accéléraient et elle finissait sur le ventre, les mains attachées à jouir de chaque mouvement de va et viens.

     En l’espace de deux mois, Carla éprouvait un amour passionnel et secret pour Justin. Même avec Phoebe, elle n’avait pas ressenti d’émotions aussi fortes, l’envie de voir à chaque instant le visage de l’être aimé, être dans ses bras, la peur d’être délaissée, la jalousie maladive… Carla pris une grande inspiration en éteignant sa cigarette avant de voir Justin. Après lui avoir avoué les sentiments qu’elle éprouvait pour lui, la déception fut totale. Elle fut rejetée mais Justin fit en sorte d’adoucir ces mots pour que la souffrance soit réduite. En sortant de chez lui, Carla ne pu retenir la pulsion qui la dévorait. Elle se rendit au supermarché et dévalisa les rayons de toute sortes de sucreries. Une fois chez elle, elle les ingurgita machinalement jusqu’à que l’envie de vomir se fasse ressentir. Elle se vit quelques années plus tôt, devant ses toilettes, agenouillées à vider son estomac des horreurs qu’elle avait absorbé. Suite à ce désastre, elle se mit à pleurer sans pouvoir s’arrêter avant de longues heures. Compte-tenu des circonstances, Justin et Carla avaient été obligé de couper les ponts.

    Un mois plus tard, Justin lui envoya un message pour qu’elle vienne récupérer les affaires qu’elle avait laissé chez lui. La boule au ventre, elle sonna à l’interphone.

     - C’est… c’est moi.

     - Je t’ouvre.

     Justin en profita pour lui dire qu’elle lui avait manqué, qu’il appréciait sa compagnie. Carla n’en croyait pas ses yeux et se sentit fleur bleue. Elle ne pouvait pas oublier un amour si fort en si peu de temps. Pourtant, Justin ne voulait toujours pas de relation avec elle, ils étaient beaucoup trop différents. Carla se contenterait de cela, à présent elle voulait juste l’avoir dans sa vie, il était devenu un besoin à ses yeux.

     Le temps passa et Justin rencontra Faustine, une photographe âgée du même âge que lui, aux longs cheveux noirs et grande, aux vêtements sombres et au maquillage extravagant. Elle était beaucoup plus jolie que Carla. Entendre parler de cette fille géniale était une réelle souffrance pour elle. Carla fut totalement délaissée, Justin passait de plus en plus de temps avec Faustine. Un jour pluvieux, Carla les vit en ville, elle hésita à aller les voir lorsqu’elle vit Justin embrasser Faustine dans le parc des amoureux. Il afficha à Faustine un sourire chaleureux, un sourire auquel Carla n’avait jamais eu le droit. Elle retourna sur ses pas et comprit qu’il était temps d’abandonner l’idée de revoir Justin. Tout lui paraissait clair soudainement, il avait honte d’elle, elle n’avait eu droit aux baisers qu’au début et en privé, après leurs retrouvailles elle n’avait reçu aucune affection de sa part, elle était seulement sa salope qu’il fourrait quand il en avait envie.

    Carla en avait assez et était décidé à oublier Justin. Elle sortait de plus en plus dans les bars et rencontra Tristan. Il était très fin, il avait les cheveux courts et une barbe de trois jours. Carla ne le trouvait pas spécialement attirant mais elle s’entendait bien avec lui et au fil du temps ils sont devenus de très bons amis.

    Deux mois plus tard, Carla reçut un message de Justin, ce qui était inattendu. Leurs parties de jambes en l’air lui manquait malgré qu’il sortait toujours avec Faustine. Carla savait que ce n’était pas une bonne idée de le revoir, elle ne voulait pas être celle avec qui on trompe sa copine mais Justin lui manquait terriblement. Il n’était pas arrivé un jour sans qu’elle pense à lui. Justin utilisa son charme pour convaincre Carla et la pauvre, encore folle amoureuse tomba dans le piège. Elle était à la fois là pour satisfaire les envies de Justin et comme confidente. Sa relation avec Faustine n’avait pas été un pur bonheur, ils se disputaient régulièrement.

    Au bout de quelques temps, Carla confia ce qu’il se passait avec Justin à Tristan. Tristan fut blessé et se mit en colère, ce qui fut une réaction incomprise pour Carla. Il lui avoua les sentiments qu’il ressentait pour elle et elle ne fut pas insensible à un garçon aussi gentil qui promettait de lui offrir tout ce qu’elle souhaitait. Mais les choses n’ont pas marché et Justin était de nouveau de retour suite à sa rupture avec Faustine.

    Carla était convaincue de ne plus avoir de sentiments pour ce dernier. Alors elle le revit. Pas de baisers, pas de caresses, mais Carla s’en contentait. Ils étaient seulement amis en public et amants en privé. Carla entre en deuxième année de fac et organise une soirée avec ses amis où elle décide d’inviter Justin. La soirée se déroule bien, les étudiants sont un peu trop alcoolisés mais tous le monde s’amuse. Elle remarqua que Justin et son amie Laurie avaient disparu de la pièce principale. Inquiète, elle entendit des bruits sourds dans sa chambre où elle vit Justin et Laurie sous la couverture en pleine action. Carla resta figée sous le choc pendant quelques instants et Laurie, embarrassée, réagit :

     - Bon sang, ferme cette porte !

    Carla ferma la porte et fit une crise d’angoisse, elle avait bel et bien des sentiments pour Justin et ressentit ce qu'elle venait de voir comme la pire des trahisons. Une fois sa crise d’angoisse calmée tant bien que mal, elle se rendit dans le bar le plus proche, où elle enchaîna les verres en oubliant totalement les invités qu’elle avait délaissé. Se remémorant son chemin de vie jusqu’ici, sa vie qui avait été malchanceuse et où au final elle avait accordé une importance monumentale à Justin dans sa vie. Justin était tout pour elle, c’était maladif et cela l’avait rendu quasiment folle. Elle ne supporterait plus qu’il s’intéresse à d’autres filles et elle d’être oubliée, de ne servir qu’à vider sa semence. Carla se rendit au toilettes où elle vit le cutter dans son sac, elle le saisit et se coupa les veines. Carla avait mis fin à son cauchemar et espérait à présent être libre.


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